Groupe d’Etudes Ornithologiques des Côtes-d’Armor
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L' ESTUAIRE DU JAUDY  L'estuaire du Jaudy s'étire de La Roche Derrien, en amont ; jusqu'à  Plougrescant et Pleubian, où la rivière rejoint la Manche. Le Jaudy  rencontre dans l'estuaire deux cours d'eau le Bizien, en amont de  Tréguier, et le Guindy qui rejoint le Jaudy à Tréguier. Ces deux  affluents côtiers possèdent également deux estuaires, ramifiant  ainsi l'estuaire en trois " branches ".  L'estuaire, autrefois route commerciale et d'invasions, est  aujourd'hui reconnu pour sa richesse écologique. D'abord classé  réserve de chasse dans les années soixante-dix, l'estuaire est classé  pour son importance en matière de migration des oiseaux (Z.I.C.O)  et il fait parti intégrante du site Natura 2000 Trégor et Goélo (site  pilote).  L'estuaire du Jaudy coule dans une vallée globalement moins  encaissée que son voisin le Trieux. Mais le relief est parfois  tourmenté, le Jaudy traverse une zone de frontière géologique. En  amont, il coule sur un socle de schiste briovérien parmi les plus  anciennes formations géologiques costarmoricaines. Le Bizien  rejoint le Jaudy à la frontière de ces schistes et de granites qui  s'étendent plus au Nord. Les berges s'élèvent, les falaises peuvent  atteindre une vingtaine de mètres de hauteur.  Les versants sont globalement cultivés même si les boisements qui  ont tendance à s'étendre depuis quelques années, permettent au  paysage de se diversifier. L'orme (malheureusement malade), le  prunellier et l'aubépine sont les essences de base des haies littorales  naturelles qui font le lien entre les zones agricoles et les boisements  rivulaires parfois denses et larges de chênes, hêtres, frênes ou  châtaigniers. Ces haies surplombent souvent un muret en pierre  sèche qui délimite d'ailleurs le Domaine Public Maritime. Elles  abritent de nombreux passereaux (turdidés : rouge gorge, grives,  merles ; les bruants jaunes, les pics…), quelques rapaces  fréquentent assidûment ces zones. La buse variable trouve sur les  berges calmes des territoires pour élever leurs nichées. L'Epervier  d'Europe profite des haies pour chasser à vue les passereaux  imprudents. C'est également un des nicheurs avérés des berges  boisées. Le Faucon crécerelle niche en plusieurs endroits dans les  imposants corps de ferme qui rappelle la prospérité héritée de la  culture et de la transformation du lin. Il chasse parfois sur les prés  salés où se nourrissent musaraignes et mulots. Plus rare, le  Balbuzard pêcheur peut être observé au cours de la migration post  nuptiale.  Les prés salés et la vasière accueillent une avifaune diversifiée qui  profite également des vastes zones agricoles des rives pour se  nourrir et se reposer. Les effectifs et les espèces diffèrent tout au  long de l'année. L'hiver est la saison la plus riche en nombre et en  diversité. Parmi les migrants notons, des groupes de Courlis corlieu  et cendré ; de Pluviers argenté ; de Bécasseaux variables ; de  Chevaliers gambette, aboyeur, culblanc et guignette qui sont  observés tout le long de la ria. Parmi ces échassiers certains  stationnent quelques semaines ou quelques mois comme les  Chevaliers aboyeur qui fréquentent surtout la baie de l'Enfer proche  de l'embouchure et les Chevaliers guignette ou gambette. D'autres  ne stationnent que quelques heures, le temps d'une marée. La  Spatule blanche, l'avocette sont de ces hôtes souvent pressés !  D'autres familles d'oiseaux apprécient l'estuaire. C'est le cas des  anatidés. La Sarcelle d'hiver est très présente en amont de Tréguier  de Septembre à Avril. Les Bernaches cravant sont essentiellement  présentes à l'embouchure de l'estuaire. Quant au Tadorne de Belon,  il est le seul canard nicheur de l'estuaire avec le colvert. Ils  disparaissent en automne pour muer à l'unisson en mer de Wadden  et reviennent par petits groupes avec l'année nouvelle. Le printemps  offre alors le spectacle des Tadornes se disputant territoires et  partenaires. D'autres " pêcheurs " apprécient le rôle de nursery pour  les poissons que remplit l'estuaire. Mulet, Anguilles, mais surtout  Bar, Dorade et Carrelet nagent dans les eaux saumâtres du Jaudy. Le  Héron cendré plus patient que la remuante Aigrette guette  l'anguille. Le Grand Cormoran est également présent en petit  nombre sur l'estuaire.  Enfin, les laridés sont omniprésents. L'estuaire est tout proche des  grandes colonies de reproduction des Sept Iles ou de Bréhat. Les  chenaux formés à marée basse par le lit des ruisseaux, la laisse de  mer sont pourvoyeurs de pitance pour les Goélands qu'il soient brun,  argenté, marin ou cendré. Ils complètent allègrement leur  alimentation sur les labours des environs. Au milieu des nombreuses  mouettes rieuses, des mouettes mélanocéphales sont également  régulièrement observées au milieu des reposoirs hivernaux de  laridés.  Où voir ces oiseaux ?  Les lieux les plus propices à l'observation des oiseaux dans l'estuaire  sont nombreux. L'anse qui fait face au bourg de Pouldouran est  toujours intéressante à prospecter. La Baie de Ste Anne à Troguéry  et la cale de Boured à La Roche Derrien sont des sites à visiter. En  aval de Tréguier, le Port de La Roche Jaune, la Baie de l'Enfer et la  Pointe du château sont les sites les plus riches de la rive Ouest. Rive  Est, citons l'île à Poule à Kerbors ; Port Béni, Port La Chaîne et la  plage de Kermagen à Pleubian.  
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